Comment construire une chapelle et aménager un espace liturgique qui prennent soin des quatre relations fondamentales de l’écologie intégrale ? C’est cette question qui a guidé près de trois ans de recherche afin d’arriver à la proposition que vous découvrez sur cette page.

Le besoin d’une nouvelle chapelle au Châtelard existait avant le nouveau cap d’écocentre spirituel jésuite qui a démarré en juin 2023. En effet, la chapelle historique avec ses 80 places est régulièrement trop petite pour accueillir nos assemblées dominicales et estivales. Rien de très surprenant quand on sait que le Châtelard accueille 4000 personnes par an dans la maison, ainsi que près de 1000 scouts et 500 élèves de différents établissements scolaires.
Lors de la phase de discernement autour de l’écocentre spirituel (2022-2023) ce besoin s’est exprimé à nouveau fortement de la part de diverses parties prenantes. Nous l’avons donc intégré dans le projet avec joie et grand intérêt. En effet, ce n’est pas tous les jours qu’on construit une chapelle pour 160 personnes en France et en Europe de nos jours. Encore plus rares sont les chapelles qui essaient d’incarner l’écologie intégrale chère aux papes depuis Saint Jean-Paul II jusqu’à Léon XIV aujourd’hui. L’occasion était donc un vrai cadeau pour explorer et donner chair à l’écospiritualité chrétienne que le Châtelard a reçu comme mission depuis 2023.
En travaillant avec notre maîtrise d’œuvre, ASB+, et accompagné par le Fr. Charles Desjobert, op, un petit groupe de travail mêlant des jésuites, une laïque et une consacrée a essayé de répondre à la question énoncée au départ : « Comment construire une chapelle et aménager un espace liturgique qui prennent soin des quatre relations fondamentales de l’écologie intégrale ? ».
En effet, dans Laudato si’, le Pape François a défini l’écologie intégrale comme une conversion qui nous fait entrer dans une vision relationnelle du monde. Ce nouveau regard qui naît de la rencontre avec le Christ invite aujourd’hui à prendre soin des relations à soi, aux autres, à la Création et à Dieu. Comment la chapelle du Châtelard pouvait-elle aider à entrer, prier et célébrer ce tissu relationnel vivant et vivifiant ?
Il est apparu assez rapidement que comme chapelle, la relation à Dieu était bien la relation centrale qui réunit à la fois la communauté chrétienne lors des célébrations et qui attire aussi chaque retraitant dans le silence d’une maison comme la nôtre. Grâce à la pédagogie spirituelle des Exercices de saint Ignace de Loyola, le retraitant est aussi accompagné pour trouver sa juste place sous le regard d’Amour de Dieu, ajustant ainsi sa relation à soi-même.
La relation aux autres a nécessité un peu plus de travail et d’exploration. Sans grande originalité liturgique cependant, elle a mené à opter pour une disposition de l’assemblée en mandorle autour des deux tables de la Parole et de l’Eucharistie. Cette manière de célébrer est déjà bien établie dans certaines églises, par exemple celle des jésuites à Paris ou à Saint-François de Molitor dans le même diocèse parisien. Elle permet aux fidèles qui célèbrent ensemble l’eucharistie de prendre mieux conscience de leurs existences mutuelles et du fait qu’ils deviennent ensemble le Corps du Christ pour aujourd’hui en communiant à la même table du Seigneur. Afin de vérifier que cette disposition liturgique ne gênait pas les retraitants du Châtelard, nous avons commencé à disposer nos assemblées dominicales (qui doivent se déménager dans une grande salle d’activité faute de place dans la chapelle historique) selon cette configuration. De l’été 2023 à l’été 2026, nous n’avons eu que très peu de retours, enthousiastes ou réservés, sur cette proposition. Sur la même période, nous avons accueilli plus de 12,000 personnes dans la maison. Nous avons donc conclu que nous pouvions avancer dans cette direction.
Enfin, la relation à la Création a été un point de travail particulièrement intense avec les architectes, les bureaux d’études et le conseil liturgique du Frère Charles Desjobert. Une première grande option est d’ouvrir tout le mur derrière l’autel avec un mur rideau vitré et de travailler avec soin le jardin qui est planté derrière ces vitrages. Ainsi l’espace de nos célébrations et notre contemplation personnelle sont ouverts au chant de la Création. Un deuxième choix structurant a été celui de travailler avec des matériaux naturels. C’est ainsi que la structure porteuse est entièrement en bois et que chaque ensemble pilier-poutre est travaillé pour prendre une forme arborescente. Entrer dans cette chapelle peut ainsi faire écho à l’entrée dans un bosquet comme écho de forêt du Châtelard. Les murs sont aussi des murs à la structure bois emplie de paille. Le tout est recouvert d’un bardage bois en chêne du Châtelard à l’extérieur et d’un enduit terre (peut être avec la terre locale) à l’intérieur. Ce choix architectural fondamental s’est prolongé dans l’aménagement liturgique avec des bancs en bois et surtout un autel en pisé qui reprendra comme « mensa » la table en pierre de l’autel “historique” du Châtelard.
Il est bien entendu que ce travail de recherche côté architecture, liturgie et écologie intégrale s’est accompagné d’une attention vive à des critères importants pour l’usage quotidien de la chapelle comme la qualité acoustique et la sonorisation, le confort des assises ou encore la variété des éclairages possibles suivant les usages.
Pour mener à bien ce projet prophétique, nous avons besoin de l’aide de chacun et chacune d’entre vous ! Grâce au diocèse de Lyon, vous pouvez nous soutenir financièrement et recevoir une déduction fiscale de 66 % du montant de votre don sur votre impôt sur le revenu. Si vous êtes soumis à l’IFI, veuillez contacter directement le bureau du développement des jésuites : developpement@jesuites.com
Nous avons hâte de vous accueillir dans cette chapelle du Saint-Esprit (ainsi nommée après un discernement synodal au sein de l’écosystème Châtelard) !
Nous pourrons alors « louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur » ensemble, avec toute la Création : Laudato si’, o mi Signore !





